Travaux de recherche : La sclérose en plaque

https://www.revmed.ch/RMS/2015/RMS-N-459/Le-cannabis-dans-letraitement-de-la-scleroseen-plaques-possibiliteset-limites

LE CANNABIS «UNE PANACÉE» POUR LES SYMPTÔMES DE LA SCLÉROSE EN PLAQUES ?

Une enquête publiée en 1996 rapportait déjà que les personnes atteintes de SEP fumaient du chanvre principalement pour réduire les spasmes musculaires, calmer les douleurs et endiguer les mictions impérieuses dont ils souffraient. Depuis, plusieurs études contrôlées ont pu confirmer ces données et d’autres travaux nous ont permis de saisir par quels mécanismes ces actions thérapeutiques sont possibles. Finalement aujourd’hui, vingt ans plus tard, tout médecin en Suisse peut, pour son patient souffrant de SEP, prescrire soit un spray, soit une teinture contenant un savant mélange de delta-9-tétrahydrocannabinol (THC) et de cannabidiol (CBD), les deux composantes principales de la plante. Idéalement, la première dose ne devrait pas dépasser l’équivalent de 2,5 mg de THC.

A ce sujet, il faut savoir que : tandis qu’une simple ordonnance sur carnet à souche suffit pour prescrire le spray Sativex pour un cas de SEP, pour la prescription d’une préparation magistrale, une autorisation exceptionnelle pour une application médicale limitée doit être demandée auprès de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). La même procédure est nécessaire pour des indications «off label» telles que des douleurs chroniques, des crampes musculaires chez des médullo-lésés ou des migraines. Les coûts du traitement ne sont pas obligatoirement pris en charge par l’assurance de base, mais cela vaut toujours la peine de faire une demande écrite pour une prise en charge !

CONCLUSION

Le fait que les études publiées à ce jour aient surtout montré des bénéfices subjectifs a fait dire à certains que les améliorations étaient le fruit d’un effet cognitif, donc imaginaires. Il n’en demeure pas moins que nos connaissances grandissantes concernant les récepteurs, le système cannabinoïde, les neurotransmetteurs et les ligands endogènes vont peut-être nous faire découvrir des potentialités thérapeutiques insoupçonnées, ce qui fait dire à d’autres que le cannabis pourrait être l’aspirine du XXIe siècle. Pour terminer, il ne faut naturellement pas s’attendre à ce que les patients souffrant d’une SEP rient et dansent de joie après avoir pris du THC, comme les Scythes dont parle Hérodote. Mais la vente libre de cannabis à des fins thérapeutiques, comme c’est déjà le cas aux Pays-Bas et dans certains Etats américains, pourrait par contre aider les patients atteints d’une SEP à vivre avec moins de spasmes et en dépensant moins, étant donné que les caisses maladie ne prennent pas toujours en charge les frais du spray ou des gouttes de cannabis.

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